LFI : la justice saisie après des accusations de financement vénézuélien

2026-04-04 15:51:27 - Julien Odoul ne veut pas laisser passer. Le député de l’Yonne a annoncé avoir saisi la justice au sujet de faits qu’il juge « susceptibles de constituer une infraction pénale » concernant des financements étrangers venus du Venezuela à La France insoumise. Dans un courrier adressé à la procureure de la République de Paris, il évoque des éléments issus de l’ouvrage Occidents. Enquête sur nos ennemis du journaliste et chercheur Frédéric Martel.
Selon ce dernier, qui a mené une enquête de huit années et interrogé près de deux mille protagonistes dans le monde entier, plusieurs anciens responsables des régimes d’Hugo Chávez et Nicolás Maduro au Venezuela lui auraient rapporté que l’État vénézuélien aurait « financé massivement » le parti espagnol Podemos, ainsi que « les amis politiques de Jean-Luc Mélenchon en France ».
Selon Martel, ces fonds auraient transité par la compagnie pétrolière publique vénézuélienne PDVSA et par la « maleta diplomatica », un procédé exploitant les immunités du courrier diplomatique pour transporter de l’argent liquide. Le livre évoque également des avantages en nature accordés à Jean-Luc Melenchon, tels que l’usage de l’avion personnel de Hugo Chávez ou la prise en charge de ses déplacements et de sa sécurité au Venezuela. Pour Julien Odoul, ces éléments suffisent à justifier une saisie de la justice afin d’évaluer la qualification pénale de ces faits, notamment en matière de financement illicite de parti politique et de blanchiment d’argent. Il cite notamment l’article 11-4 de la loi du 11 mars 1988, qui interdit aux partis français de recevoir des contributions ou aides matérielles de la part d’un État étranger.
Le livre de Frédéric Martel propose une cartographie de l’influence idéologique mondiale et les circulations d’idées et d’argent à l’échelle internationale. L’auteur y décrit notamment les liens anciens et assumés entre Jean-Luc Mélenchon et les régimes chavistes, ainsi que l’influence vénézuélienne sur certains mouvements politiques européens. La procureure devra désormais apprécier la qualification pénale de ces faits et décider, le cas échéant, des suites à donner à cette signalisation.
Article de leJDD - Photo: Magali Cohen
: Afrique Monde