2026-04-14 17:19:10 - Les supporters sénégalais condamnés à une peine d'emprisonnement de trois mois à un an pour avoir participé aux incidents de la finale de CAN en janvier ont vu leurs peines confirmées en appel, lundi.
Condamnés à une peine d'emprisonnement allant de trois mois à un an pour avoir pris part aux incidents de la finale de la CAN 2025, dix-huit supporters sénégalais ont vu leurs peines confirmées en appel lundi, selon l'AFP. Ces supporters, détenus depuis le 18 janvier, étaient poursuivis pour « hooliganisme » (une accusation qui inclut des actes de violence notamment contre les forces de l'ordre), dégradation d'équipements sportifs, invasion de la pelouse et jets de projectiles.
En première instance, neuf d'entre eux avaient été condamnés à un an de prison assorti d'une amende de 5 000 dirhams (quelque 460 €), six autres à six mois et 2 000 dirhams d'amende (180 €) et les trois derniers à trois mois et à une amende de 1 000 dirhams (90 €). Un Français d'origine algérienne, jugé pour avoir jeté une bouteille d'eau, s'était également vu infliger une peine de trois mois de prison et 1 000 dirhams d'amende. Les prévenus condamnés à trois mois de réclusion sont libérables à partir de samedi prochain.
Un mouvement de foule invoqué
Devant la cour, les accusés ont clamé leur innocence, lundi. Ils ont expliqué qu'ils avaient dû descendre sur la pelouse à cause d'un mouvement de foule ou pour échapper à « des crachats et jets de projectiles », mais pas pour protester contre une décision arbitrale. Disant « prendre acte » du verdict, Me Patrick Kabou, qui défendait un grand nombre de Sénégalais, a estimé auprès de l'AFP que « le parquet n'a pu apporter aucune preuve » de ces accusations.
Le Sénégal s'était imposé (1-0) contre le Maroc en finale, au terme d'un match chaotique. À la suite d'un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, juste après un but refusé au Sénégal, des supporters sénégalais avaient tenté d'envahir le terrain et lancé des projectiles vers la pelouse. Après un quart d'heure de confusion, les joueurs rentrés aux vestiaires étaient revenus sur le terrain. L'ailier marocain Brahim Diaz avait manqué son penalty et, en prolongation, c'est le Sénégal qui s'était imposé grâce à un but de Pape Gueye.
La diffusion des images rejetée lors de l'audience
Durant l'audience, l'avocate de la défense Naïma el-Guellaf a demandé la diffusion des vidéos des incidents sur lesquelles s'appuyait l'accusation, pour vérifier si les accusés pouvaient y être identifiés. Le parquet a rejeté cette demande, invoquant le flagrant délit. « Le monde entier a vu ces images désolantes en direct », a-t-il argué. « Il y a eu des erreurs, les personnes impliquées dans ce qu'il s'est passé se trouvent au Sénégal » et « ne sont pas présentes ici », a affirmé de son côté Me Kabou.
Article de Christine Thomas-L'Equipe / Photo: (F. Faugère/L'Équipe)
: Afrique Monde

